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LE SPORT EST EN DANGER.

Dopage: ...et les gymnastes?
Mercredi, 31 août 2016

Boudevilliers (SUI), le 31 août 2016 : Tout n’a pas encore été dit sur ce fléau. Les récents JO de Rio ont mis en lumière les forces de commanditaires obscurs et les faiblesses du CIO qui n’a pas osé suivre ce que la logique commandait, à savoir frapper là où cela fait mal. Son plaidoyer n’a convaincu personne, ni public, ni médias, hormis les fédérations internationales de sport tenues par la barbichette des juteuses ristournes olympiques.

Le dopage d’état, tel que récemment révélé par le rapport McLaren, s’est imposé au mépris des athlètes, les premières victimes et du tissu sportif international dont la culture du sport s’élève au-dessus de la vision à courte de vue des boursicoteurs. Que l’on ne s’y trompe pas, ces tricheurs-là sont des ignorants, petits ploutocrates mus par l’’argent, l’ego, le pouvoir et à qui les écoles ont cruellement manqué.

La voie du dopage est sans issue pour le sport. Le public et son bras armé les médias le feront tôt ou tard comprendre aux spéculateurs, en quittant les stades, en éteignant les écrans de télévisions. Les sponsors eux aussi feront alors leurs comptes devant un audimat plat.

Quoi de neuf dans tout cela !

Rien. Ce que le rapport McLaren mentionne ressemble comme une goutte d’EPO à ce révélait le 13 août dernier le New York Times dans un document mettant en scène un certain Dr Sergei Portugalov, un ancien médecin, chargé dans les années 80 des athlètes soviétiques et qui a, semble-t-il, manifesté un vif intérêt pour de « nouvelles méthodes de dopage ». Or, 30 ans plus tard, ce même charlatan serait un personnage clé au centre de l’affaire développée par le rapport McLaren.

Le document mentionne également les agissements d’un certain Dr Grigory Vorobiev, lequel, âgé de 86 ans et malade, vit aujourd’hui à Chicago. Sa confession ne laisse plus de doute quant aux méthodes, étatiques elles aussi, pratiquées par l’URSS en termes de dopage. « Depuis l’année 83, tout athlète soviétique susceptible de gagner une médaille bénéficiait de ses services peu louables dans le but avoué, selon les documents mis au jour par ce média,  de gagner la victoire à tout prix. » a –t-il déclaré au journaliste qui recueillait sa confession.

Tout athlète « susceptible de gagner » pouvait donc compter sur un « suivi » médical. Cela fait donc  du monde dans la salle d’attente du Docteur ! Dans ces années-là, on se souvient d’y avoir croisé des lanceuses de poids, de javelots, ou des femmes haltérophiles, arborant des moustaches de sapeurs et dont la voix rivalisait de profondeur avec l’organe velouté de Fédor Chaliapine.

Et les gymnastes ?

On est en droit de s’interroger si dans la liste des athlètes soviétiques …susceptibles de gagner, ou encore dans la même salle d’attente du Dr Vorobiev, des gymnastes de renom n'y attendaient pas leurs potions? Car, les années 80 ont été souvent les années de l’URSS dont les gyms montaient souvent sur un podium des championnats du monde de la FIG, une instance présidée alors par un des leurs et ancien gymnaste, Yuri Titov. Alors, tous dopés les Yuri Korolev, Alexander Dityatin, Dimitri Bilozerchev, Vladimir Artzemov, ou encore Natalia Yurchenko, Elena Choucounova, Oksana Omelianchik, pour ne citer que quelques noms ?

Le fait est troublant et le rapport du New York Times n’en dit pas plus. Dans la Communauté FIG de 2016, les acteurs et témoins bien vivants de ces années se gardent bien de s’étendre sur ce dossier.

Gouvernance

Ce thème du dopage et de la gouvernance du sport sont au cœur d’une réflexion menée par le Dr Gérald Gremion, médecin au sein du Dpt de l’appareil locomoteur et Chef du Swiss Medical Olympic Center au CHUV à Lausanne. Il est également le Président de la Commission médicale de l’Union Européenne de Gymnastique (UEG). Son analyse apporte un éclairage original sur la viabilité du sport dans le contexte né des récentes affaires en termes de dopage et de gouvernance.

Dans un article à paraître en octobre dans la Revue médicale suisse (ci-dessous), il conclut : Les derniers JO à Rio ont porté un coup désastreux à sa réputation tant il a pu être mis en évidence que le politique l’avait emporté sur le plan sportif et éthique. Les révélations sur le dopage d’Etat réalisé en ex-URSS depuis les années 80 jusqu’à nos jours ont porté un coup fatal à la crédibilité des performances sportives réalisées durant ces joutes. Le sport de masse, comme le sport d’élite, est à la merci de la confiance des fans qui regardent et admirent les exploits des athlètes sur place comme devant leur petit écran. Ceux-ci ne sauraient supporter une dégradation de la gouvernance sportive à l’avenir. »

Le Dr Gérald Gremion, lors des 1ers Jeux Européens de Bakou (AZE), en 2015.

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Type d'article: 
Athletes - Education - Doping (sport)