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LA GUERRE DES DÉCHÊTS EST DÉCLARÉE !

De la ferme traditionnelle à l’agrotechnologie
Vendredi, 23 septembre 2016

(PARTIE 4 DE 5)

 

Chézard-Saint-Martin, le 23 septembre 2016 : Pour transformer, il faut une matière première. Des déchets en l’occurrence. Or, ce marché se tend devant une demande croissante. Les nouveaux acteurs de cette activité, les énergiculteurs l’apprennent tous les jours et doivent démarcher les consommateurs, les distributeurs, l’agro-industrie.

 

C’est l’offre face à la demande. Comme dans Wall Street !

La guerre des déchets est déclarée.

Une centrale, pour atteindre un rendement optimal, doit être approvisionnée en quantité de déchets exprimés en tonnes. Or, le marché se restreint devant la multiplication des exploitations de biogaz. La demande augmente. On assiste alors à une véritable razzia sur la précieuse matière première. Une guerre des déchets est ouverte.

Il faut distinguer deux sources de déchets ; agricoles (lisier, fumier, etc) et industriels (marc de café, poussière de tabac, de céréales, déchets verts, huiles végétales, etc. La loi précise que le label Biogaz impose l’utilisation d’au minimum 51% de déchets agricoles et au maximum 20% de provenances industrielles. Retenez en plus qu’1t de fumier génère quelque 35 à 40 m3 de biogaz. 1t d’huile végétale 850 m3 ! Plus concrètement, l’installation de Chézard-Saint-Martin traite par année un total de quelque 6500 t de déchets. Dans ce chiffre, le 20% soit env. 1300 t est d’origine industrielle.

Et les déchets verts ?

Val-de-Ruz organise la récolte des déchets verts. Il y a effectivement un potentiel à exploiter, mais également un sérieux problème. Ces déchets récoltés au bord des routes des villages contiennent parfois des pierres qu’il faut éliminer, du bois qu’il faut broyer, faute d’enrayer le processus de « digestion » de la centrale. Ces opérations coûtent et ne sont pas toutes compatibles avec les critères de fonctionnement des Digesteur d’une centrale à biogaz. Les déchets ne sont pas tous …propres !

Même scénario pour les invendus, les déchets provenant de la restauration. Dans ce cas, il y a des risques sanitaires. Un lot peut par exemple contenir un résidu carné porteur de peste porcine, de grippe aviaire, etc. Dans ce cas, il y a lieu de stériliser cette matière première, une opération qui nécessite un investissement très coûteux.

Les algues du lac sont également des déchets potentiellement utilisables. Mais comme les déchets verts, ils contiennent parfois du sable, lequel se dépose et peut à terme enrayer l’installation. Enfin, les grands distributeurs sont eux aussi de grands producteurs de déchets, une marchandise qu’ils veulent bien se débarrasser à la condition d’emporter également les « autres » résidus, les plastiques, PET, papiers, cartons. C’est tout ou rien !

Très convoités, les déchêts agricoles (à g.) ou industriels constituent la matière première du processus.
Les digesta, ou résidus solides (à g.), et liquides (épandeur à dr.) sont recherchés par les agriculteurs, parce qu plus respectueux de l'environnement.

Consolidation et diversification.

Après la phase d’industrialisation, vient celle de la consolidation. Un répit pour souffler et amortir les chocs industriels et financier. Une courte pause toutefois, car le marché lui, ne s’arrête jamais.

A suivre !

Type d'article: 
Environnement - Economie - Santé (société)